Ces quelques jours au Pays de Galles entre Llandudno et Bewts-y-Coed furent pour moi une expérience inoubliable. Voici le récit de ce merveilleux voyage.

Jeudi 17 septembre :
De la Belgique, nous étions 5 à avoir fait le déplacement, 3 coureurs adultes, 1 coach et moi. Une fois atterri à Manchester, une voiture de l’organisation est venue nous chercher pour nous conduire à Llandudno, ville où les équipes nationales logeaient. Après avoir déposé nos bagages à l’hôtel et pris le petit déjeuner, nous partons nous balader sur le bord de mer et dans la ville. Rapidement, nous remarquons que nous sommes les seuls jeunes, en effet, cette ville est très appréciée par les retraités !
Après le dîner et une petite sieste nécessaire suite au réveil à 4h du matin pour prendre l’avion, nous sortons faire un petit entraînement afin d’explorer une des collines proche de la ville. Nous découvrons le côté sauvage du Pays de Galles, (des Cornouailles plus précisément) son côté romanesque avec ses falaises en bord de mer, ses collines, son vent frais,… Cet univers qui a influencé de nombreux livres est apaisant, ce calme nous amène à nous concentrer sur notre respiration et nos pulsations. Au sommet de la colline, nous avons droit à un panorama assez étrange (en tout cas pour moi qui habite en Suisse), d’un côté la mer à perte de vue, de l’autre une succession de plaines, de forêts et de collines. Mais aucune montagne ! Nous redescendons après avoir réalisé quelques clichés du paysage, c’est alors que nous rencontrons des moutons en liberté, rien de plus normal… Le soir, nous avons droit à de la viande, accompagnée de ses traditionnels légumes cuits à l’eau (auxquels nous aurons droit durant tout notre séjour).

Vendredi 18 septembre :
Ce matin, nous nous rendons à Bewts-y-Coed pour reconnaître le parcours de la course. La montée est peu technique, mais les chemins sont très humides, voire boueux. Au sommet du parcours, nous longeons un lac avant de redescendre sur une large route forestière. J’aurai à réaliser deux fois cette boucle lors de la course du lendemain. En chiffres, pour les juniors, il s’agira de faire 8.9 kilomètres pour 500 mètres de dénivelé positif et négatif en deux boucles.
L’après-midi a lieu la cérémonie d’ouverture. On a droit aux discours en anglais et en gallois. Le gallois est incompréhensible, il n’est pas rare de trouver des mots avec plusieurs « y » ou « w » ou d’autres sans voyelles.

Samedi 19 septembre :
La course des juniors avait lieu à 12h. Sur place bien avant l’heure de la course, j’ai pu m’échauffer idéalement. A chaque course, c’est le même scénario : durant les 45 minutes avant le départ, tout d’abord 30 minutes de footing puis 5 minutes pour chauffer les articulations. Ensuite, quelques accélérations pour faire monter le cardio. Et pour finir, un petit moment pour faire le vide dans sa tête et se mettre sur la ligne.
Ma tactique de course était simple, partir « doucement » puis revenir au fil des deux tours. Pas facile quand des coureurs partent au sprint. Un petit moment d’inquiétude me prend quand je vois la vitesse de ceux qui partent devant. Je tente de ne pas trop m’affoler et reste concentré sur l’endroit où je pose le pied car la montée est très boueuse. Dans une course au niveau très dense, chaque économie d’énergie peut avoir son importance. Rapidement le peloton s’effile, je m’accroche jusqu’au sommet de la montée puis comme prévu, j’accélère et reprend quelques coureurs dans la descente. À peine arrivé en bas, il faut remonter, l’enchaînement est violent, les jambes semblent lourdes. Un américain me rattrape, je m’accroche à ses talons, grâce à lui je parviens à rattraper un groupe de quelques coureurs. Dans la descente, je me fixe sur les coureurs de devant, je veux les avoir… Je parviens à en rattraper 2 ! Je donne toute l’énergie qu’il me reste, je ne me retourne pas, les cuisses brûlent lors de chaque impact avec le sol. L’arrivée est là, au bout de la prairie, je m’écroule, je suis 19ème !
Après la course, l’émotion me prend quand j’appelle mes parents, je pleure de joie.

Dimanche 20 septembre :
A 7h45, on tape à la porte de la chambre. Ce sont deux coureurs belges, ils nous (le dernier coureur belge et moi) proposent d’aller courir avant le petit déjeuner. Malgré le ventre vide et les jambes courbaturées, l’enthousiasme, suite au résultat de la veille, me fait accepter. Nous partons alors « grimper » sur une autre colline proche de la ville. Je ne pense pas que c’était l’idéal pour la récupération que de faire une heure d’entrainement le lendemain de la course. Mais nous avions tous vraiment envie de profiter de ces dernières heures au Pays de Galles.
En début d’après-midi, un bus nous a amené à l’aéroport.
Ces 4 jours au Pays de Galles, les différentes émotions (impatience, angoisse, souffrance, satisfaction, bonheur,…) resteront ancrées dans ma tête. J’espère que j’aurai d’autres occasions de participer à une telle compétition !

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